mercredi 7 mars 2018

Compte-rendu du 63e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mardi 6 mars, Anne-Laure, Laurence, Charles et Grégoire ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.


Football, 1918,  Robert Delaunay (1885-1941), 
aquarelle sur carton , 61 x 48,5 cm, 
Paris, Centre Pompidou - Musée national d’art moderne
«Dîner : soupe menthe / courgettes relevée, poulet tandori / lentilles, fromage blanc / sec, glaces Haagen Dazs 
Arrivées en ordre très dispersé. À partir de 20 h 10, Umberto puis Soro. Nous essayons de joindre Alain qui finit par répondre et nous rejoint, en même temps que Soulymane, vers 20 h 40, alors que nous avions débuté la soupe - par ailleurs délicieuse.
Nous récupérerons Moussa seulement au départ d’Anne-Laure. Nous craignions qu’il ait eu un problème. 
En fait non, il était avec un « copain ». 
Le match Paris – Madrid que Soulymane suit pour la communauté aimante une large partie de la conversation, qui roule aussi sur les voyages, la neige sur Paris, l’automobile, le camping à l’école, … Anne-Laure discute un peu avec Umberto en espagnol. 
Soro a gagné en assurance. Umberto se montre réservé et très serviable. Alain est quant à lui fort disert et a effectivement un avis autorisé sur de nombreux sujets. Après 10 ans dans le bâtiment, il souhaite se lancer dans la finance. Il s’est formé pour ce faire (certification AMF). 
Le dîner est très apprécié, l’ambiance agréable, nullement plombée par la défaite du PSG. La vaisselle est promptement exécutée. Laurence nous quitte vers 22 h 30, précédant Anne-Laure qui partage une tisane avec nous. 
Extinction des feux vers 23 h. 
Lever 7 h. On refait le match pendant le petit-déjeuner. Un rappel est fait aux accueillis sur la nécessité de respecter l’horaire d’arrivée. Soulymane prévient toutefois qu’il ne pourra être là ce soir avant 20 h 15 en raison d’un rendez-vous. Départ à 8 h 10.
À noter la présence devant chez Casimir d’un dénommé Abdel avec lequel nous avons eu des échanges, cordiaux, à plusieurs reprises lors de la soirée (vers 20 h lorsque nous attendions les accueillis et plus tard lorsque nous remontions vérifier si les retardataires arrivaient). Il était encore là ce matin. On sent un peu d’aigreur à l’égard des accueillis. 
Il reste du fromage. Manquent sacs poubelle et assiettes en carton.»

mardi 6 mars 2018

Compte-rendu du 62e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Lundi 5 mars, Caroline, Bruno, Véronique et Davide ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.


Nature morte avec cruches à eau, vers 1918, André Masson (1896-1987),
huile sur toile , 46,5 x 38,5 cm, Berlin, Nationalgalerie, Staatliche Museen
« À 20 heures, Soro et Moussa sont là, suivis de Souleymane et Umberto. Soro ayant le numéro d’Alain, je l’appelle vers 20 h 30 mais il est en route pour l’aéroport et ne viendra pas. 

Laurence et Estelle du Centre d’accueil Camara sont là ainsi qu’Antonine, travailleuse sociale des Captifs. 
Antonine avant le repas a pris Soro et Moussa à part et a discuté avec eux de leur projet pour les mois qui viennent. C’est elle qui les suit pour tout ce qui concerne leurs papiers. 
Nous faisons connaissance autour de la table et d’un...verre d’eau ; Laurence présente le centre d’accueil Camara qu’elle dirige. Soro et Souleymane sont attentifs, Souleymane pose beaucoup de questions et semble satisfait des réponses. Moussa comprend peu mais Soro lui traduira ; le projet ne semble pas motiver Umberto. 
Bruno pique un petit roupillon discret et se réveille plein d’entrain pour nous servir une délicieuse soupe asiatique, recette mystère. Nos trois invités nous quittent et nous continuons avec des saucisses lentilles-du-puy-les-meilleures du monde puis terminons avec une salade d’oranges, gâteaux secs et glace vanille. 
Vives discussions autour du foot, je n’ai pas tout suivi. 
Merci à Caroline et Bruno pour leur dîner! 
Vaisselle rapide et extinction des feux vers 11 heures. Lever à 7 heures, nous quittons la crypte à 8 heures, fenêtres ouvertes, portes fermée. ATTENTION : Jean-Michel nous indique que les toilettes sont endommagées et risquent de se desceller (socle de béton qui s’effrite); la réparation demande 72 heures !! Éviter donc de trop les ‘bousculer’; faites passer le message, comme vous pourrez, aux accueillis. 
Prévoir si possible des assiettes en carton pour le dessert ; Moussa ne prend plus de soupe le matin, inutile d’en garder de la veille.»

lundi 5 mars 2018

Compte-rendu du 61e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Dimanche 4 mars, Camille, Aubry et Tancrède ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.


La loge à l’Opéra, 1908, Pierre Bonnard (1867-1947), huile sur toile , 
Paris, musée d’Orsay
« Bonne soirée et bonne nuit, Souleymane très discret, accroché à son écouteur, 
Moussa aussi, qui s’éveille quand il peut parler sa langue avec Soro. 

J’ai trouvé une bonne complicité entre tous. Umberto nous joue quelques habaneras. Je le branche sur les concerts à Saint-Vincent de Paul. Il a été dans l’orchestre du Liceu (opéra de Barcelone)... 
Alain, licencié en droit... On se demande ce qu’il fait là... Dès qu’il a trouvé un boulot et/ou une épouse cuisinière, il devient bénévole HS. 
Excellent dîner, merci Camille et Aubry, 
et Anne pour un clafoutis en plus du crumble ! 
Penser plutôt 3 baguettes. Des clémentines, des assiettes en carton. »

Compte-rendu du 60e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Samedi 3 mars, Sabine, Laurent et Paul ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.

Nouvelle carte d’Europe dressée pour 1870 : caricature politique,
Paul Hadol (1835-1875), estampe,
Paris, Bibliothèque nationale de France (BnF)

« Soro et Umberto arrivent à 20h exactement puis Moussa et Souleyman. Nous attendrons Alain jusqu’à 20h30 mais en vain. L’idée de demander aux accueillis qui ont un empêchement de dernière minute d’appeler sur un numéro pour prévenir est lancée. 
La soirée se passe bien et très calmement. Nous dînons d’une soupe à l’oignon, d’un gratin d’aubergines à la mozzarella (option jambon) et d’un riz au lait (Soro découvre la vanille et ses petits grains). 
Les discussions tournent autour du foot, de la géographie européenne (carte en main) et de l’apprentissage des langues. Moussa, qui il y a encore 4 jours était en pleine forme et riait aux éclats, est fatigué et complètement éteint. Il nous dit que son prochain rendez-vous à la préfecture de Versailles pour ses papiers est dans 3 mois. 
Après la vaisselle, nous demandons à Umberto de nous jouer du violon. Celui-ci aussitôt exécute l’Hymne à l’Amour de Piaf et l’Été de Vivaldi. Après quelques applaudissements et une tisane, Sabine se retire et nos amis accueillis se couchent. Extinction des feux à 23h pour les couche-tard - mais Moussa dort déjà depuis 1h. 
Bonne nuit. Réveil à 7h30 mais déjà certains sont debout. Petit déjeuner dans le calme et départ. 
Prévoir pour ce soir baguettes et «Câlins» dans les quantités habituelles. Ne pas racheter de serviettes en papier, les rouleaux d’essuie-tout en stock suffiront. »

samedi 3 mars 2018

Compte-rendu du 59e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Vendredi 2 mars, Anne L, Anne H et Benoît ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.


Ousmane Sow (1935-2016)

«La Soupe incroyable, potimaron et poire, préparée par Anne H a été savourée jusqu’à la dernière goutte. Tout comme les Cannellonis à l’aubergine, tomates et bœuf, accompagnés de brocolis et de poivrons. Et les compote de pommes et brioches.

Alain évoque La-Roche-sur-Yon où il a vécu une dizaine d’années avec ses garçons. Il cherche à se former au langage Python (rien à voir avec le serpent africain) pour accompagner son fils de 11 ans passionné de robotique.
Umberto et Benoît nous font l’honneur d’un duo extraordinaire. Benoît s’est engagé à travailler un morceau pour leur prochaine rencontre ;-). Anne H nous raconte son expérience en Chine largement commentée par Alain. 
Nous parlons des grands sportifs et tout particulièrement des talentueux cubains.
La tisane traditionnelle a été d’un grand réconfort pour digérer ma défaite à la partie de dames menée contre Alain, encouragé par tous et conseillé par Soro qui est un fin joueur. Il a ensuite entamé une partie dont j’ignore l’issue car nous étions subjugués par le répertoire d’Umberto qui a ensuite longuement regardé les vidéos pour déceler des imperfections imperceptibles à nos oreilles. Moussa était très fatigué mais il s’est exercé au français en répétant les mots d’usage enseignés par Véronique avant d’aller se coucher.
Soulymane est extrêmement silencieux, il expliquera que ses parents n’imaginent pas ce qu’est sa vie en France. Toutefois, il participera à nos parties de dames, regrettant tout de même notre manque de concentration.
Ce fut donc une soirée très agréable.
Lever en douceur suivit du déjeuner et du ménage.
Pour ce qui concerne l’intendance : il n’y a plus de serviettes en papier, de jus d’orange (que tous apprécient) ni de fruits ; et peu de fromage (Umberto l’apprécie), et de fromages blancs.»

vendredi 2 mars 2018

Compte-rendu du 58e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Jeudi 1er mars, Sabine, Anne, Olivier et Pierre ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.


Le violon rouge, 1919,
Jean Pougny (1894-1956), 
peinture à la colle sur papier marouflé sur toile, 
146 x 115 cm, 
Paris, Centre Pompidou, musée National d’Art moderne

«Alors que le froid était un peu moins mordant pour ce premier jour de mars, nous nous sommes retrouvés peu après 8 heures autour d’une citronnade ; le dîner fut excellent avec une soupe marocaine au coriandre frais préparée par Sabine, une blanquette de veau mitonnée par Anne (Umberto s’est même resservi, ce qui semble-t-il n’est pas fréquent) et un gâteau aux noix qui a été apprécié par tous ! 
Le dîner nous a donné l’occasion d’échanger sur la météo que tous espèrent vite moins rigoureuse. Sabine nous a parlé des trésors de notre église et notamment de l’histoire des plaques de lave émaillée qui ornent la façade. La politique aussi a été abordée par Alain qui nous a expliqué pourquoi la stratégie et la communication de Macron allaient réussir à faire passer la réforme de la SNCF sans grève majeure (ça reste quand même à voir...). 
Avant d’aller dormir, Umberto a pris le violon d’enfant qu’il a avec lui et nous a enchanté de trois morceaux très différents pour nous donner une petite idée de l’étendue de son répertoire : d’abord une variation brillante sur le thème de «l’hymne à l’amour» d’Édith Piaf, puis une petite pièce virtuose avec pizzicati venant de Cuba, pour finir par un morceau apaisé de Vivaldi. 
Après une nuit très calme, le petit déjeuner a été animé : Alain se préparait à aider Soro dans ses démarches ; Suleyman, Soro et Alain ont discuté avec passion du prochain match du PSG contre le Real, Umberto nous a raconté ses souvenirs de concerts en Argentine où le réalisateur de télé ne le lâchait pas d’une semelle du fait de sa surprise de voir un black jouer dans un orchestre classique. Moussa est comme à son habitude resté très discret. Soro a fini le fromage blanc Calin sans se faire prier et nous avons vidé ensemble les restes qui séjournaient dans le frigo depuis quelques temps. 
Chacun est reparti autour de 8 h, rasséréné par cette parenthèse roborative, paisible et solidaire, vers une journée qui, sans doute, le sera moins : mais c’est toujours ça de pris sur l’adversité...»

jeudi 1 mars 2018

Compte-rendu du 57e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mercredi 28 février, Géraldine, Henri et Arnaud ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.

Allégorie de l’Intelligence, 1645, 
Simon Vouet (1590–1649), 
huile sur toile, 90 x 116 cm, 
Montpellier, musée Fabre
«L’ensemble des accueillis sont à l’heure. 
Menu : soupe de lentilles corail, lait de coco et coriandre - gratin de macaroni au poisson, oignons et poivrons - fromages - glace à la vanille.
On notera que Umberto avait visiblement déjà dîné (il n’a pris que fromage et dessert). Les accueillis sont dans l’ensemble de petits mangeurs de fromages - il reste pas mal de fromage pour ce soir donc pas besoin d’en apporter ce jeudi.
Nous avons le plaisir de découvrir et de faire connaissance avec les deux nouveaux accueillis : Umberto et Alain. Moussa n’était pas dans une grande forme et ne semble pas avoir beaucoup progressé dans sa pratique du français ; il reste du coup assez en retrait à notre tablée. Umberto avait pris le temps d’entraîner ses doigts à la pratique du violon pendant la préparation du repas ; musicien violoniste de métier, il nous a fait art de ses périples depuis qu’il a quitté Cuba : Argentine, Chili, Barcelone et la France ; son rêve avoir des enfants un jour si Dieu le veut.
Alain est étonnant de vivacité d’esprit, de connaissances (il est capable d’intervenir sur tous les sujets), de pétillance et d’intelligence ; nous découvrons sa passion pour les marchés financier et les activités de marchés où il rêve de pouvoir trouver prochainement un poste.
Extinction des feux vers 22 h 30. Nuit paisible avec lever plus tôt que d’habitude du fait d’un départ en train tôt ce matin d’Henri et d’un rendez-vous tôt d’Arnaud avec l’un des accueillis pour une démarche administrative. Fermeture exceptionnelle, donc, de la crypte et départ vers 7 h 15 ce matin.»

mercredi 28 février 2018

Compte-rendu du 56e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mardi 27 février, Thomas, Pierre, Véronique et Bernard ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.

Nature morte au saumon et au citron, 1772,
Luis Eugenio Mélendez (1716-1780), huile sur toile,
62 x 41 cm,Madrid, Museo Nacional del Prado
«Alain était absent.

Le dîner préparé par Thomas et Pierre a été apprécié : 
soupe, gratin de saumon, riz au lait. 

La nuit a été accompagnée par Véronique et Bernard.

Moussa a été réveillé à 5 h 30 pour un départ à 6 h : démarche administrative .


Après une nuit calme, départ à 8 h.»

Compte-rendu du 55e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Lundi 26 février, Laurent, Diane et Pascal ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.

Moulin à café, 1911, 
Marcel Duchamp 
(1887-1968), 
graphite et 
peinture à l’huile,
33 x 127 cm, 
Londres, Tate Collection

«Tout le monde a bien été présent au rendez vous pour la première soirée du grand froid sibérien. 
Le froid ne s’est pas trop fait ressentir.

L’ambiance a été joyeuse l’ensemble des convives ont montré une très bonne humeur a priori un peu au dépend de la préfecture d’après ce que l’on a pu comprendre.

Umberto nous a raconté son parcours musical, qui s’est déroulé sur plusieurs continent, très intéressant.

Le dîner comme a l’accoutumée a été très bon avec des spécialités culinaires notamment du nord de la France et une excellente soupe châtaigne et champignon 

Dans ce qui manque, il faudrait penser à amener du nescafé car la machine à café ne fonctionne pas bien.»

lundi 26 février 2018

Compte-rendu du 54e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Dimanche 25 février, Mathilde, Enguerran, Augustin et Pierre ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.

Balade parisienne, 1966,Willy Ronis (1910-2009),
Charenton-le-Pont,
Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine
«À 20h 15 ils sont tous là ! Après quelques coups de fil et discussions de retrouvailles la table est mise (avec l’accompagnement de quelques accords de violon d’Umberto) et le dîner débute avec une soupe bien chaude fort appréciée de tous vu la température extérieure. Il se poursuit avec un plat de blancs de poulet cuits dans du coco, de la coriandre et bien d’autres choses, servi avec du quinoa que découvrent avec bonheur nos amis africains.
On en redemande et finalement il ne reste que l’équivalent d’une barquette qu’Alain remportera le lendemain, le tout conformément à la politique « no reste » ! Personne ne voulant de fromage on passe directement à la compote de pommes servie dans des verres faute d’un nombre de bols suffisant (peut-être quelque chose à rajouter à la vaisselle existante ?) et accompagné de délicieux petits sablés faits maison.
La conversation, éclectique comme à l’accoutumée, débute avec une description de la très longue ballade dans Paris de Soro et Moussa guidés par Augustin. Augustin a une longue discussion avec Alain (qui a quelque chose à dire quel que soit le sujet de discussion abordé) tandis que Souleymane comme d’habitude écoute d’une oreille et suit un match de foot de l’autre et que Moussa reste surtout silencieux.
Umberto, malheureusement placé en bout de table, participe peu. Mais tout bascule d’un coup lorsque vient sur la nappe (on ne se souvient plus comment) la question de la politique en Côte d’Ivoire. On assiste alors au spectacle étonnant de Souleymane, soudain exalté, prenant à témoins les accueillants de la turpitude de…. eh bien nous ne savions pas de qui il s’agissait car nous ne pouvions comprendre un traître mot de ce qu’il disait. La véhémence de Souleymane allait crescendo et Alain se mettait aussi de la partie mais de façon plus cool, tandis que Soro trouvait tout cela très drôle.
Finalement on demanda gentiment à Souleymane de se calmer et de se rasseoir et le reste du dîner se passa très bien. Alain tint à nous expliquer qu’il s’agissait là de la façon normale dont les africains parlent de politique et qu’il n’y avait aucune animosité de part et d’autre, ce que nous sommes tout à fait portés à croire. En fait ils étaient peut-être même tous du même avis…
La table fut promptement rangée et après le départ d’Enguerran et Mathilde quelques conversations se poursuivirent tranquillement. Les lumières furent éteintes à 22h15 et malgré les inquiétudes de la veille la nuit fut bonne et personne n’eut froid.
Lever à 7 heures, petit déjeuner convivial, et départ dans le grand froid redouté à 8h10.
Je retiens deux leçons de cette soirée : veiller à ce qu’Umberto soit assis près d’un accueillant ; et éviter à tout prix de parler de la politique en Côte d’Ivoire.
Les quelques choses manquantes seront apportées lundi soir.»