dimanche 21 janvier 2018

Compte-rendu du 18e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.


Samedi 20 janvier, Muriel, Anne-Marie, Pascal et Bernard ont accompagné, Olivier, Moussa, Soro et Soulymane.

Le vitrail, 1904,  Odilon Redon (1840-1916), 
pastel, 68 x 87 cm, Paris, musée d’Orsay
« Le dîner et la nuit se sont très bien passés, pas de tension entre nos invités. Il semble que ces tensions se soient calmées.

Encore une fois le dîner a été très bien préparé et très bio avec des produits sains.
Les convives ont bien apprécié et se sont plusieurs fois resservis.

Moussa, semble assez fatigué et un peu perdu, il paraît assez fragile.

Nouri arrive assez aviné mais il se tient bien pendant la soirée et la nuit.

Juste un problème Olivier pris de zèle pour ouvrir la fenêtre a cassé le carreau (vitrail).

Un dîner et une soirée calme.»

samedi 20 janvier 2018

Compte-rendu du 17e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.


Vendredi 19 janvier, Ingrid, les jeunes de l'aumonerie Rocroy, Nathalie et Jean-Baptiste ont accompagné, Olivier, Moussa, Soro et Soulymane.

Transubstantiation, Henrique Oliveira,
Collège des Bernardins,2013
« Soirée très spéciale : dixième anniversaire d’Hiver Solidaire oblige.
Rendez-vous à 19h au métro Poissonnière : arrivée des bénévoles (les bénévoles inscrits ainsi que Laurent ) puis de Soulymane, Soro, Philippe ( qui était présent l’année dernière).
Ni olivier , ni Nouri ni Moussa n’étaient au rendez-vous .
Retrouvailles sur place avec Michel (accueilli il y a deux ans qui était en pleine forme et que nous étions bien contents de retrouver).
Damien qui était allé chercher Alain et Bertrand nous ont rejoints.

Toute la troupe s’installe dans le Collège des Bernardins pour écouter des témoignages, de bons moments émouvants : avec le chanteur Vianney sans prestation musicale, des accueillis, des bénévoles, des responsables d’associations et beaucoup d’autres qui partagent leur expérience ou expliquent les origines de la démarche d’Hiver Solidaire.
Apparait enfin le gâteau, plutôt la brioche, surmontée de ses dix bougies à souffler.
Après l’effort d’écoute, la récompense avec les agapes d’un magnifique buffet et boisson (comme l’a précisé Damien jus, coca et eau à volonté ) ; il nous a semblé y avoir énormément de monde rassemblé pour fêter ce moment si fraternel.
Retour en métro et nous avons la joie de retrouver Olivier et Moussa devant l’entrée de l’église, toujours pas de Nouri.

Installation pour la nuit et grâce à Ingrid qui avait acheté des bananes et de la soupe,petite collation avant la nuit. Cette dernière fut un peu courte (coucher 23h00) et le même, si le réveil fut plutôt facile, le rythme s’est ralenti au fil des minutes .
Olivier était heureux d’avoir récupéré sa montre. Départ aux alentours de 8h10 sous la pluie .

Infos pratiques : les fromages ne semblent plus très frais ni appétissants, prévoir peut être du fromage frais et trouver une solution pour ceux qui restent dans le frigo .
La cafetière est un peu capricieuse : c’est la période des soldes, peut-on envisager d’en trouver une plus fonctionnelle à moindre prix ?»

Compte-rendu du 16e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Jeudi 18 janvier, Sabine, Géraldine, Thibault et Davide ont accompagné, Olivier, Nouri, Soro et Soulymane.

Étude de deux mains gauches jointes,
Andrea del Sarto (1486-1531),
sanguine, 155 x 95 cm,
Paris, musée du Louvre
« Arrivée au compte goutte entre 20h et 20h30, suite aux événements des derniers jours, il a été décidé de commencer par un séance de médiation. Soulymane s’explique longuement sur les raisons des tensions, Olivier ajoute qu’il a sur-réagit en raison de son manque de sommeil lié aux ronflements - il faudrait lui apporter des boules quies pour les nuits suivantes. Tout se finit bien : Soulymane et Olivier se serrent la main.
Les règles suivantes ont été rappelées: arrivée à l’heure: 20h00 et non 20h05, si possible 5 minutes en avance ; participation aux tâches de vie commune: couvert, service, vaisselle ; ne pas apporter de nourriture de l’extérieur - Olivier avait rapporté du foi gras, nous lui rappelons qu’il n’a pas à rapporter de nourriture ; ne pas arriver alcooliser - commentaire adressé à Nouri qui comprends très bien et indique qu’il fera attention - règles d’hygiène : propreté générale et lavage des mains.
Les accueillis ont été invités à l’anniversaire des 10 ans d’HS ce soir aux Bernardins, le rdv pour un départ commun est à 19h au métro Poissonnière. Soro, Soulymane, Nouri et Olivier ont manifesté leur souhait de venir. Pour les accueillis qui ne viendraient pas, ils seront attendus pour la nuit à partir de 22h15 à l’église.
Moussa ne s’est pas présenté. Il s’est vraisemblablement perdu et n’a pas de téléphone pour le joindre.
Participation très active des accueillis pendant toute la soirée (couvert, service, vaisselle), dîner dans une ambiance détendue et très agréable - sans aucune tension.
Au menu: soupe cuisinée par Sabine très appréciée (elle sera terminée au petit déjeuner par Nouri Soro et Soulymane), puis poulet mariné accompagné de riz (préparé par Géraldine et son mari), fromage, dessert glace à la vanille (très très appréciée par les accueillis) et compote de pomme.
Dodo 22h45.
Levé sans problème vers 7h, rangement, vaisselle, départ 8h05.
Pas besoin de fromage + rapporter de boules quies pour Olivier.»

Compte-rendu du 15e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mercredi 17 janvier, Caroline, Bruno, Pierre et Henri ont accompagné, Olivier, Nouri, Moussa, Soro et Soulymane.

Le Radeau de la Méduse,1819,
Théodore Géricault (1791-1824), 
huile sur toile, 716 x 491 cm,
Paris, musée du Louvre
« Nos accueillis arrivent au compte-gouttes et un peu trop au fil de l’eau : Moussa était le seul à l’heure ! Il faudrait à mon sens rappeler aux accueillis l’importance de la ponctualité par respect des autres et en particulier des responsables du repas qui apportent généralement des plats chauds qu’il n’est pas toujours facile de faire réchauffer avec les moyens du bord. 
Nous avons finalement commencé nos préparatifs dînatoires vers 20 h 20 ; nous attendions Soulymane qui, dans les faits, avait prévenu Soro qu’il arriverait tard (voir pas du tout) du fait d’un rendez-vous.... Soulymane est finalement arrivé au moment du dessert vers 22 h 00. 

Caroline et Bruno, nos hôtes cuisiniers avaient préparé un excellent tajine d’agneau qui a été apprécié de tous et deux tartes : aux pommes d’une part et poires /chocolat, d’autre part, absolument délicieuses. (...)
Pour terminer les commentaires sur la nourriture, Olivier avait apporté en sus, un paquet de carpaccio, un avocat...nourriture qu’il avait probablement récupéré de son magasin de proximité où il doit avoir ses entrées. Il était manifestement fier de pouvoir apporter ainsi de cette façon sa pierre à Hiver Solidaire, ce qui, on le verra ci-après n’est pas du goût de tout le monde... (...)
Pour moi qui ne connaissait pas encore Olivier et Soulymane, j’ai été surpris par la bonne ambiance qui régnait au début de la soirée. Olivier était charmant, communiquant, serviable et actif à la bonne préparation du repas.
Répondant à nos interrogations pendant le repas, Olivier a pu nous parler un peu de son histoire (...)
Mais le repas a été assez décousu du fait de l’attente de Soulymane (problématique d’aller régulièrement voir s’il n’attendait pas dehors devant la grille d’entrée que nous maintenions fermée pour éviter l’arrivée d’intrus comme récemment). Soulymane est finalement arrivé vers 22 h , de fort belle humeur et nous avons alors pu partager le dessert avec lui. Bon moment de notre soirée d’hier, Soro nous a raconté son incroyable périple depuis Dakar à Paris en passant par le Désert du Niger et de Libye, la traversée de la Méditerranée sur un radeau de fortune avec des passeurs, son arrivée à Naples, puis son périple pédestre entre Turin et Montegenèvre / Briançon avec de longues marches dans la neige, pour finalement arriver en France. 

Le problème relationnel entre Olivier et les autres (et en particulier les trois africains ) a ressurgit pendant le dîner avant l’arrivée de Soulymane. (...)
Nous incitons les bénévoles HS à faire en sorte que le repas soit bien géré par eux et non par les accueillis, pris en commun, et ne soit pas le prétexte à des repas «trop perso» en fonction de ce qui se trouve dans le réfrigérateur. Enfin, règle importante à mon sens, faire en sorte que le travail d’intendance (vaisselle et nettoyage) soit bien pris en charge et partagé par tous (bénévoles et accueillis) une fois seulement que le repas est bien terminé (....).
Coucher vers 22 h 45, nuit sans problèmes majeurs en dehors de quelques ronflements habituels et quelques paroles un peu vindicatives de la part d’Olivier au cours de la nuit vis-à-vis de Nouri qui était son voisin ronfleur (...)
Lever 7 h , petit déjeuner électrique avec Olivier, nous expliquant qu’il était en pire forme que la veille car il n’avait pas dormi à cause des autres et rapidement la situation a dégénéré entrer Olivier et Soulymane, nous obligeant à nous interposer avant qu’ils n’en viennent aux mains .
(...) les notions de respect d’une communauté à l’autre sont différentes.
En conclusion, la situation reste complexe du fait peut-être qu’il n’y a qu’un seul français contre quatre «étrangers» ? Olivier semble prêt à quitter HS, faute de capacité à s’adapter.... Il nous semble qu’il faille une dernière mise au point avec chacun et qu’il soit nécessaire de trancher si les choses ne rentrent pas dans l’ordre rapidement après cette mise au point.»

mercredi 17 janvier 2018

Compte-rendu du 14e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.
Mardi 16 janvier, Sabine, Barbara, Roland et Emmanuel ont accompagné, Olivier, Nouri, Moussa, Soro et Soulymane.

Construction de la tour de Babel,
Pieter Brueghel, le Vieux (1528-1569),
Vienne, Kunsthistorisches Museum
« 20 h 00 Moussa suivi de Nouri sont là. Mathilde apporte 6 litres de lait et rappelle qu’il est nécessaire de l’aviser des manquants (Suivez le groupe HS sur WhatsApp).
Le reste de la troupe arrive rapidement, y compris Damien qui souhaite rappeler les directives à tous.
C’est l’occasion pour Emmanuel et moi de rencontrer Omar, celui dont on parle mais que peu d’entre nous connaissent. Malheureusement, il apparait bien vite qu’il s’agit d’un homonyme, migrant, à la recherche d’un gîte et d’un couvert pour la nuit, qui a profité de la porte ouverte et des arrivées désordonnées. Que faire ? Grave décision que de lui expliquer que nous n’étions pas en capacité de l’accueillir. Décision difficile à accepter quand la nuit et la pluie sont là, même avec l’adresse des Captifs dans la poche. Ce fut un crève-cœur de fermer la porte derrière lui après qu’il accepta de nous quitter.
Damien réuni le groupe pour expliquer notre décision, et pour rappeler que Vendredi soir le rendez-vous était à 19 h 00 au métro Poissonnière pour participer à la soirée des 10 ans d'Hiver Solidaire au Collège des Bernardins.

Sur ce, le repas pu se dérouler, avec des échanges parfois tendus, avec deux règles : « on ne mange pas sans chaussures », et « on parle français » (ce qui est difficile pour Moussa), afin que tous puissent participer et surtout se comprendre.
Velouté de potimarron et sa pointe de céleri par Barbara, ragoût d’agneau avec son riz pour Sabine, salade d’oranges à la cannelle et au gingembre et financiers par nos deux cuisinières. Comme toujours un régal apprécié de tous, jusqu’au petit déjeuner du lendemain matin.
Vaisselle par Olivier, Nouri Moussa et Soro, cigarettes, derniers appels téléphoniques avec l’Afrique et extinction des lumières.
Réveil à 6 h 00 pour Soro qui a un rendez-vous à Aubervilliers, 7 h 00 pour les autres, café, vaisselle, javellisation, aération et retour vers le monde de la rue.
»

mardi 16 janvier 2018

Compte-rendu du 13e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Lundi 15 janvier, Thomas, Pierre, Yves et Damien ont accompagné, Olivier, Nouri, Moussa, Soro et Soulymane.


Main et interrupteur, 1938,
Gaston Karquel (1906-1971),
épreuve gélatino-argentique,
Paris, Centre Pompidou -
Musée national d’art moderne -
Centre de création industrielle
« Vers 19 h 55, je rencontre Soulymane qui part vers le 11e arr. de Paris à la recherche de Soro et Moussa qui ne possèdent pas complètement la langue, comme vous savez, et sont un peu perdus. Les téléphones portables aidant, belle invention, ils se retrouveront un peu au-delà de la gare de l’Est et rejoindront la compagnie vers 20 h 40.
Pendant ce temps les autres, Olivier et Damien finissent par convaincre Nouri de quitter ses amis du trottoir et d’abandonner ses bières, ce qu’il finit par faire... Il est éméché et tente de reprendre pied. Chacun accommode sa couche, Olivier prête main forte à nos cuisiniers Thomas et Pierre qui découvrent l’ambiance.
On se met à table vers 21 h et le potage aux brocolis ?, en tout cas vert et délicieux, le hachis Parmentier, dont nombreux sont ceux qui y reviennent, accompagné de salade assaisonnée, les fromages variés, le crumble et le flan font les délices savoureux de chacun... pendant que Nouri ou plutôt Nordinne, dessaoule et que Damien essaie de tempérer ses douleurs abdominales...
Les conversations sont conduites par Thomas et Pierre qui interrogent un peu chacun sur sa vie... On y apprend la jeunesse d’Olivier, 48 ans et la vie de son fils et de sa fille déjà de plus de vingt ans ; On ne sait pas mélanger les langues. Le Wolof, le berbère et l’arabe ne font pas bon ménage.
L’arrivée d’ Izabelle qui connaît Briançon et sa présence riante, enjouée et ravissante fait qu’elle accapare le dialogue, nous instruisant de son prochain One Woman Show qui commence Samedi prochain et durera jusque fin Mars. Elle sait le Wolof et est Maya ( c’est son nommée famille, ça ne s’invente pas !) ; elle vient prendre le pouls des Briançonnais et rend compte des ses impressions à Damien.

Vaisselle et coucher vers 22 h45, Moussa éteint tout en enclenchant la manette «générale» ce qui interrompt la charge des téléphones et coupe le frigidaire... qu’on se le dise, il faut manœuvrer les boutons de chaque lumière sans couper tout !!
Au matin 7 h 00 outre la déconvenue du téléphone, il y a un peu de tirage entre Olivier et le restant de la troupe, car on lui reproche de ne pas faire la vaisselle. Il est victime de maladie de peau des mains.
Il est prêt à faire la vaisselle et Damien lui offrira des gants pour qu’il puisse s’exécuter ; A priori tout va s’arranger.
Fermeture des lieux à 8 h 10 et retour dans l’atmosphère humide du jour, non sans avoir rendu grâce à l’initiative d’Olivier pour ce nouveau jour qui commence. »

lundi 15 janvier 2018

Compte-rendu du 12e soir

 D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.


Dimanche 14 janvier, Sarah, Tancrède et François ont accompagné, Olivier, Nouri, Moussa, Soro et Souleymane.




Corbeille de bananes, Pierre Bonnard (1867-1947), 
huile sur toile, 64 x 60 cm,
New-York (NY), The Metropolitan Museum of Art

« C’était ma première soirée et nuit avec cette nouvelle équipe, que je trouve d’un style bien différent cette année. Pour le dire vite, les accueillis me semblent plus migrants que SDF. 
Vu les amis appuyés sur la cheminée du Groin, j’ai commencé à fermer la grille très lentement à 20 h sonnantes : Nouri est arrivé avant la fermeture, et je lui ai proposé de donner son reste de canette à un autre (Mustapha) si il voulait rentrer...
Omar ne s’est pas présenté.
Sarah et Olivier nous ont préparé un dîner dont on a beaucoup apprécié la soupe (pois, menthe, ...) et les pâtes sauce bolognaise.
L’équipe s’est un peu délitée ensuite, sans prendre le fromage, et quasiment seulement Olivier et les bénévoles ont pris du délicieux crumble, pendant que les autres voulaient commencer la vaisselle !
J’ai dû faire une mise au point assez nette sur le service : en gros que chacun rende service de bon cœur, sans se plaindre de ce qu’un autre en ferait moins... et que si ce genre de dissension devait perdurer, les bénévoles feraient avec plaisir tout le service eux mêmes !
Les échanges en Wolof limitent un peu la cohésion.
Moussa s’est écarté plusieurs fois de la table, a peu mangé. Il devait aller ce matin à Lariboisière, (où il est déjà allé), pour ce que je comprends être des problèmes de digestion et vomissements. Je l’ai laissé avec le ticket N° 207.
Quelques souhaits d’approvisionnement :
Olivier aime les bananes (il en avait amené) et la crème fraiche le matin.
Souleymane et les autres ont mangé des bananes mais disent préférer des clémentines.
Certains aiment les yaourts aux fruits (sucrés), d’autres les préfèrent nature.
Il semble qu’il faille approvisionner du lait.

Bref un groupe bien divers, qui va devoir apprendre à vivre ensemble...»

Compte-rendu du 11e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.


Samedi 13 janvier, Catherine, Jean-François, Bernard et Pascal ont accompagné, Olivier, Nouri, Moussa, Soro et Souleymane.



Désert de Libye, Léon Adolphe Auguste Belly (1827-1871)
Paris, musée du quai Branly - Jacques Chirac
« Nous avons fait connaissance mutuellement avec les accueillis, entre 20 h et 20  h 30 ce qui nous a permis d’échanger entre nous devant l’entrée sur le côté de l’église. Un contact agréable entre tous.
Nous avons préparé la pièce pour le dîner concocté par Catherine et François.
Dîner fameux, on rivalise avec les meilleures tables de Paris. C’est de la grande cuisine.
Durant les conversations au cours du dîner, nous avons essayé de savoir quel avait été le chemin et leur périple pour arriver en France. Il semble que le passage en Libye est une grande épreuve. Ils nous ont dis que ceux qui sont de langue anglaise souhaitent rejoindre l’Angleterre. En revanche ceux de langue française souhaitent rester en France.
Une prudence : il faut faire attention à ce que le groupe ne se divise pas trop car Olivier semble avoir quelques difficultés d’intégration, les autres lui reprochant son manque d’implication collective pour la vaisselle.
À part ce point de vigilance, c’est un groupe très agréable et qui semble présenter du potentiel pour s’en sortir.
Extinction des feux très rapidement, ils semblent assez fatigués.»

samedi 13 janvier 2018

Compte-rendu du 10e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.


Vendredi 12 janvier, Géraldine, Antonine, Yves et Laurent ont accompagné, Olivier, Nouri, Moussa, Soro et Souleymane.

Aéroport Roissy-Charles de Gaulle Aérogare 2F,
1990, Paul Andreu (né en 1938), architecte,
Paris, Centre Pompidou,
Musée national d’art moderne
« Le double «i» d’Yves et de Didier, les rimes en «ine» de Géraldine et d’Antonine sont heureux de vous souhaiter un bon week-end ou une bonne «dominique» comme disent les académiciens !
À huit heures j’ai reçu les clés de Damien qui est venu pour un petit briefing avec Davide et la très charmante (Damien dixit, ce que je confirme!) assistante sociale Antonine
Pendant que l’on prenait contact avec Omar qui n’est pas venu finalement pour intoxication alcoolique semble-t-il, et que j’attendais Olivier un peu en retard, les autres, Nouri, Souleymane Soro et Moussa ont entendu les consignes renouvelées de Damien et pris contact avec l’assistante sociale pour envisager les améliorations de leur existence, au moins administrative.
20 h 45, nous passons à table...
Une fois n’est pas coutume, pardonnez moi, mais force est de dire que les lentilles «pourries» et le riz colle chinois (selon son auteur), les restes de fromages et bien entendu la galette de saison, ont fait le bonheur de nos hôtes tandis que nous parlions aéroports internationaux, familles nombreuses et autres froidure de la journée.
En fait, il faut entendre des lentilles en voie de germination, orangées je crois, qui, en potage, avec oignons et tomates et curry ont ravi nos palais... Comme quoi on peut présenter différemment les choses, et grâces soient rendues au mari de Géraldine qui ferait mieux la cuisine qu’elle. Le chef Didier demande la recette pour son futur recueil ; puis du riz frit aux crevettes savamment assaisonné par Didier, qui cuisine aussi mieux que son épouse, nous a comblé de bonheur.
Bref ce fut très bon !

Tout s’est très bien passé, nuit calme, paisible. Réveil 7 h 00, bon petit déjeuner avec les restes de galette. Départ à 8 h 10 et j’ai remis les clés à Jean Michel, notre sacristain préféré.
De l’air pur, des yaourts, de la bonne humeur, des bananes et des clémentines, une bonne intelligence pour ne pas confondre les éponges des WC avec celles de la cuisine, du pain, des sacs poubelle et pourquoi pas un instrument de musique...seront bienvenus. »

vendredi 12 janvier 2018

Compte-rendu du 9e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul.
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.


Jeudi 11 janvier, Corinne, Aude et Édouard ont accompagné, Olivier, Nouri, Moussa, Soro et Souleymane.


La cafetière,1951, André Dropsy
(1922-2010),
huile sur toile, 45 x 65 cm,
Paris, Centre Pompidou
« Tout le monde est là à l’heure devant la porte de l’église encore ouverte le jeudi soir pour le temps d’adoration.
Nous descendons à la crypte où chacun s’installe rapidement : on voit que les habitudes sont prises, même pour les nouveaux venus, et que les territoires sont définis. La table est mise, les carafes sont remplies : les accueillis connaissent déjà bien la maison.
Le repas réconfortant est apprécié de tous - au menu : potage d’automne, gratin de coquillettes au poulet et aux champignons aux saveurs d’enfance très réussi, délicieux financiers aux framboises et au chocolat, fruits et laitages.
Tout le monde s’affaire à la vaisselle dans un ballet bien réglé. Les fumeurs fument, les parleurs parlent, et après le passage du père Quinson, les dormeurs dorment. D’après Édouard, les ronfleurs ronflent.
Réveil en bon ordre entre 7 h et 7 h 10, petit déjeuner copieux et varié. Le plat était généreux, il en est resté pour le petit déjeuner pour le plus grand plaisir de Soro et Moussa, ainsi que de la soupe appréciée par Souleymane et Soro. Il n’y a pas de beurre pour les tartines - en prévoir une plaquette ? La cafetière électrique fait un caprice, le filtre se crève, le porte-filtre se bouche à mi-parcours, et nous découvrons alors que le plus doux des hommes, s’il lui manque son café, peut devenir rapidement un ours très grognon. Nous avons nettoyé, débouché, décrassé le porte-filtre et les orifices, j’espère que tout ira bien demain.
Vaisselle, nettoyage des matelas, balayage, nettoyage des toilettes, rangement des bancs pour la messe de ce matin, portes fermées vers 8 h 05 et clés remises à Jean-Michel.
Soro et Moussa sont partis avec la liste, fournie par Aude - qu’elle en soit remerciée! - des lieux et horaires des bus de la solidarité où ils pourront trouver un conseil et une aide gratuits pour leur démarches, ainsi qu’avec un plan et les adresses de la soupe de l’église de la Trinité pour le repas de midi et celle des Captifs pour la douche, repérés sur un plan. Moussa qui a mal au côté depuis son départ n’est pas allé à l’hôpital finalement : il craint d’y être gardé et de ne pas pouvoir faire ses démarches s’il devait être opéré. »