lundi 19 mars 2018

Compte-rendu du 75e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Dimanche 18 mars, Sabine, Antoinette, Tancrède et Stéphane ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane, Umberto et Yannick.


Crêpes, Pieter Aertsen (vers 1508-1575), huile sur panneau, 
169,3 x 87 cm,
Rotterdam, musée Boijmans Van Beuningen
« On a vu Soro, Humberto et Yannick, les autres étant annoncés manquants ou partis dans d’autres directions. 
Quelques bons échanges : soro qui cherchait le mot « boîte d’interim », impressionné par un ami français qui a trouvé du travail du jour au lendemain. 
Humberto qui fait un projet de concert avec la violoniste du concert svp de samedi (il la connaissait). 
Yannick qui a une coloc en vue. 
Très bon dîner, avec bouillon, bœuf bourguignon et pour finir, nos amis ravis de faire sauter des crêpes.»

Compte-rendu du 74e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Samedi 17 mars, Sarah, Muriel, Nathalie et Bernard ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane, Umberto et Yannick.


Sans titre, 1969, Mark Rothko (1903-1970), 
106,2 x 116,7 cm,
Chicago, The Art Institute of Chicago
« Arrivée au compte- goutte ou compte - flocon vu la météo du soir. Bernard arrive en même temps que moi, suivi de Souleyman et Umberto qui se mettent rapidement au chaud. Muriel et Sarah les rejoignent également. Je patiente avec Laurent venu apporter des chaussures pour Moussa qui arrive peu après ainsi que Yannick dont je fais la connaissance. Moussa est ravi des chaussures. J’attends encore Soro accompagné des airs mélodieux du violon : Umberto jouant à « l’étage ». 
Soro n’arrivera que vers 20 h 30 après avoir prévenu par téléphone Souleyman. L’ambiance était chaleureuse et sympathique avec de multiples sujets de discussion surtout en cercles éclatés, ce qui permet peut être à certains d’être plus à l’aise. Thème orange du diner : soupe potiron, citronnelle, lait de coco avec dés de mimolette vieille à picorer, pot au feu avec carottes et autres légumes,crumble et clémentines en dessert. 
Coucher rapide de Soro, le temps que je raccompagne Muriel et Sarah, la vaisselle est déjà en route. Moussa ressort de son sac de couchage pour mettre la main à la tâche. Souleyman semble fort occupé à ranger ses affaires. Coucher vers 22 h 30 et extinction des feux à 23 h, après les derniers résultats de foot échangés entre Yannick et Souleyman. 
L’heure supplémentaire de sommeil accordée le dimanche ne semble pas nécessaire à tous : dès 7 h 15 , certains s’activent. Réveil et départ échelonné jusqu’à la fermeture des portes de l’église à 8 h 50. 
En ce qui concerne l’intendance : il y a de l’essuie-tout et l’ampoule dans les toilettes a été remplacée, merci à Jean Michel . 
Il reste un peu de café dans le frigo ainsi qu’un paquet en réserve. La cafetière s’est révélée être de bonne volonté. 
Les clémentines ont un vrai succès ainsi que les yaourts .»

samedi 17 mars 2018

Compte-rendu du 72e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Jeudi 15 mars, Olivier, Henri et Clément ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane, Umberto et Yannick.

Groupe d’habitations à bon marché de la Ville de Paris,
Raoul Brandon (1878-1941), architecte,
héliogravure, 316 x 448 cm,
Paris, musée d’Orsay
« Moussa, Umberto et Soro sont arrivés à l’heure. 
Yannick nous rejoint vers 20 h 20 tandis que Souleymane n’arrive que vers 20 h 40 une fois notre repas commencé. Pas vraiment d’explications pour ce retard. 
Au menu du dîner : variété de crudités, saucisses de Morteau avec purée de pois cassés, fromages et gâteaux (du Maître pâtissier Picard). 
Avons eu la visite de deux bénévoles chargés de vérifier les approvisionnements de fonds : du lait a été acheté. Je précise que ce matin, il semble indispensable de racheter quelques rouleaux de sopalin dont il ne reste plus qu’une fin de rouleau. 
Ambiance agréable et détendue, conversations principalement axées autour du foot puisque Souleymane n’était vraiment qu’au 1/3 avec nous et au 2/3 connecté à son multiplexe d’informations sportives pour suivre tous les matchs importants de la soirée. Cela m’a fait plaisir de constater que Moussa avait un peu progressé dans sa faculté d’expression et de compréhension du français. Un régal d’avoir la nouvelle compagnie de Yannick (que nous avons récupéré d’Hiver Solidaire désormais fermé de Saint Éloi dans le XIIe). Yannick est gai, souriant et heureux du support d’Hiver Solidaire, il «rend grâce», c’est franchement sympa de l’avoir parmi nous. Il était heureux hier de nous annoncer le succès, a priori, d’une démarche auprès de la Maire de Paris pour obtenir un logement social. Il n’a pas vraiment souhaité répondre à nos questions sur «son histoire», je le comprends, c’est vrai que c’est la rançon du succès de HS auprès des paroissiens = très nombreux bénévoles et les accueillis peuvent parfois être las de répondre toujours aux mêmes questions.... 
Nuit sans problèmes à partir d’une extinction des feux vers 23 h 00 ; beaucoup de vacarme (nombreuses discussions / altercations de personnes assez imbibées je pense) à l’extérieur du côté des troquets près de l’église, qu’on entend par la fenêtre de la crypte qui était restée ouverte. Réveil à 7 h, petit déjeuner, ménage et fermeture à 8 h. »

Compte-rendu du 73e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Vendredi 16 mars, Laurent, Jean-Éric ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane, Umberto et Yannick.

Nature morte aux poires, André Derain (1880-1954), 
51 x 35 cm,
Troyes, musée d’Art moderne
« Tout le monde arrive vers 20 h à l’exception d’Alain, à nouveau absent ce soir et pour lequel nous n’avons pas de nouvelle. 
Le dîner est rapide. Tout le monde a faim. 
Au menu : tarte au 3 fromages (comté, beaufort et reblochon), salade de riz et clafoutis aux poires. On parle football (et oui encore) et rénovation de la Maison des Jeunes puis de la crypte. 
À 21 h le repas est terminé et Moussa déjà couché. L’aumônerie de Rocroy Saint-Vincent de Paul se retire et la soirée se passe (très) calmement : Soro révise studieusement ses cours de français, Souleymane est sur son téléphone, Yannick et Umberto vaquent à leur occupations personnelles. On sent la fatigue chez chacun. Extinction des feux à 22 h 30 mais quasiment tout le monde dort déjà. 
Réveil à 7 h, petit déjeuner et rangement des bancs (une célébration est prévue aujourd’hui dans la crypte), vaisselle et départ rapide. L’église est fermée à 7 h 45, juste à l’arrivée de Jean-Michel. 
Prévoir pour ce soir de l’essuie-tout et une ampoule électrique pour les toilettes. La machine à café semble fonctionner à nouveau, pas besoin de racheter du café soluble pour le moment.»

mercredi 14 mars 2018

Compte-rendu du 70e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mardi 13 mars, Anne-Lise, Bruno, Pierre et Emmanuel ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane, Umberto et Yannick.

Saint Éloi au pied de la Vierge, 2015,
Gérard Seghers (1591-1651), 
huile sur toile, 246 x 330 cm,
Valenciennes, musée des Beaux-Arts
« Menu du dîner :
soupe, excellent riz à la bolognaise en abondance, succulente mousse au chocolat, fruits. Moussa, Soro et Umberto aussi se sont resservis
Menu des conversations :
Auvergne, Saint Éloi, musique, notamment. Yannick y a été très présent, Umberto et Soro à un degré moindre et Moussa pas du tout.
À noter :
un petit moment de tension à l’heure de la vaisselle entre Soro et Umberto...

Concert piano violon avec des musiques de Piazola, Schubert et Schumann.
À la suite, veillée jusqu’à minuit.
Nuit calme jusqu’à 5 h du matin où Umberto est allé et venu..

Au petit déjeuner nouvel épisode de petite tension entre Soro et Umberto.
Routine matinale. Départ à 8 h. »

mardi 13 mars 2018

Compte-rendu du 69e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Lundi 12 mars, Anne, Aude et Édouard ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.

Domino, 2015, Jems Koko Bi (artiste ivoirien né en 1966),
Bois de Teck, 238 x 260 x 113 cm,
Vue de l’exposition, Galerie Cécile Fakhoury, Abidjan.
« Arrivée en chapelet pour former une grande tablée avec Antonine, Damien et Yannick.
Soro qui savoure les expressions passe à table avec « l’estomac dans les talons ». Il connaît une expression touchante ivoirienne : « Quand il pleut à Paris, Abidjan est mouillé ».
Au menu préparé avec tendresse par Aude : soupe de légumes, gratin de pâtes et dinde, fromage et yaourts. Tout le monde est ravi et rassasié. Le gratin est presque achevé au petit déjeuner par Moussa et Édouard ce qui pousse Alain à le baptiser l’Africain.
Souleyman trouve en Yannick un coéquipier pour discuter foot. Moussa a beaucoup marché (Clignancourt, Château rouge ..) et ses chaussures sont «malades». Alain est lui aussi un peu malade et n’avait plus de doliprane pour soulager son angine naissante.
Damien partage le très touchant poème écrit par Yves pour tous les accueillis et dédié à Alain puis il s’échappe pour discuter longuement avec Moussa, Soro et Souleymane. Antonine vérifie les dossiers et échange avec Alain pendant que nous préparons la tisane. Nous finissons la soirée en écoutant le maestro Umberto.
Extinction des feux à 23 h 15
Petit déjeuner avec une grande discussion sur le VRAI miel d’Afrique et tout d’un coup, vive discussion sur les grands joueurs et débat dribble entre Alain, Soro, Souleymane, Yannick et Édouard. Ménage et dispersion dans la ville.
Intendance :
Moussa chausse du 45
Plus de pain, peu de fromage, plus de fruits ni de fromages blancs ou yaourts, très appréciés.
Il y a du savon. »

lundi 12 mars 2018

Compte-rendu du 68e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Dimanche 11 mars, Agnès, René et Roland ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.

Anacardier, 1815, 
François-Pierre Chaumetonn
(1775-1819), 
gravure de flore médicale, 
Paris 
Bibliothèque Nationale de France
« À l’ouverture des portes à 20 h, Soro est déjà là, puis se succèdent Moussa, Umberto et finalement Souleymane. 
En effet, après de nombreux allers et retour, pas d’Alain. Soro dispose de son numéro de téléphone et j’apprends ainsi par Alain lui-même qu’il ne vient pas ce soir, mais normalement ce lundi soir… 
Hiver solidaire à la carte ? Cela me trouble, alors que nous savons que la mairie de Paris vient de recenser plus de 2000 personnes qui dorment encore dans nos rues la nuit. 
Les couchages installés, nous passons à table. 
Une soupe de légumes préparée par Agnès avec les légumes de La Sapinière en Vendée (à l’exception des carottes) ravit les palais. Puis ce fut le tour du gratin Dauphino-périgourdin ou Périgourdo-Dauphinois de René dont la recette à base de Confit de canard est soigneusement consignée dans le cahier. 
Umberto et Moussa rassasié sortent de table sans attendre le crumble aux pommes. 
Ce fut l’occasion pour Soro de découvrir la crème chantilly. 
Nos convives semblent fatigués de leur dimanche. 
Moussa n’entretient pas la conversation, et se couche le premier. Umberto reste peu disert. Souleyman qui n’avait pas de match de football est un peu présent. 
Seul Soro participe réellement. Il prend plaisir à nous rencontrer et à parler de son pays qui doit lui manquer. Ainsi, il nous fera découvrir l’anacardier. C’est un, arbre cultivé dans la région de Korhogo au nord de la Côte d’Ivoire, d’où il est originaire, et qui porte la noix de cajou. 
Le repas à peine terminé, la vaisselle est faite et les feux sont éteints : il est à peine 22 h 15. 
Nuit calme, même si de nombreux déplacements interviennent, un ronflement digne des cloches de Notre Dame, et enfin, l’éveil du chantier de la Maison des Jeunes. 
Petit déjeuner tranquille comme le repas du soir. Soro se fit plusieurs tartines de pain à la crème chantilly. 
Nettoyage et départ à 8 h. 
Attention : il n’y a plus de savon liquide pour se laver les mains au lavabo. 
J’ai monté des petits rouleaux de papier toilette, le grand dévidoir étant vide. »

Compte-rendu du 67e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Samedi 10 mars, Stéphane et Pierre ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.


Le Messie, 1867, Albert-Ernest Carrier-Belleuse
(1824-1887), 
marbre,
présenté à l’Exposition Universelle de 1867, 
acheté par Napoléon III 
et donné à la paroisse en 1869, 
église Saint-Vincent-de-Paul - 
Chapelle de la Vierge.
« Soirée spéciale puisqu’elle débute par la Messe de 18 h 30 rassemblant accueillants et accueillis. Au cours de la célébration, Umberto, à trois reprises, joue des morceaux classiques dont le dernier, en particulier, l’Ave Maria de Schubert, rend de nombreux yeux humides dans l’assistance et déclenche une standing ovation à la fin de la cérémonie. 
L’assemblée se déplace ensuite rue Fénelon pour partager le dîner spécialement préparé par la famille syrienne liée à la paroisse. 
Outre l’occasion de déguster des mets à la saveur exotique ce dîner permet aux accueillis de retrouver des visages connus mais aussi de nouer de nouvelles relations. C’est vers 22 h qu’accueillants et accueillis de la soirée retrouvent la crypte pour la nuit. Il manque Alain qui a prévenu de son absence pour cause de récupération de son linge propre. 
À part Moussa qui, comme d’habitude, se couche le premier, on se retrouve autour de la table avec une tisane ou un verre d’eau pour se remémorer les bons moments de cette soirée, qui a laissé d’excellents souvenirs à tous les accueillis. C’est l’occasion aussi de montrer à Umberto un enregistrement de sa prestation, tel que posté sur WhatsApp par des bénévoles. La conversation se poursuit de façon plaisante mais il est temps de se coucher et c’est le cas pour tous à 22 h 30. 
Nuit tranquille, nettement moins fraîche de l’avis de tous, malgré une fenêtre laissée ouverte à dessein. Lever à 7 h 30, ce qui permet de repasser un bon moment convivial de plus d’une demi-heure, incluant le rappel par Umberto de l’ouverture de Cuba au monde extérieur déclenché par la visite de Jean-Paul II- dont il salue le courage – et conforté par la visite ultérieure du pape François. 
Départ groupé vers 8 h 40. 
Il n’y a plus de pain et un apport de clémentines serait fort apprécié par nos amis.»

Compte-rendu du 65e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Jeudi 8 mars, Cécile, Sabine, Jean-Éric et Bernard ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.


ABagarre dans la rue, Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), 
pierre noire et rehauts de craie sur papier brun, 16,1 x 512,9 cm,
Paris, école nationale supérieure des Beaux-Arts (ENSBA)
« Une soirée qui débute dans la tension, mais qui s’achève dans le calme... 
Arrivé à 19 h 50 pour percevoir les clés auprès du sacristain, je me rends compte ensuite, en me dirigeant vers l’église, qu’elle était déjà ouverte par ses deux accès nord. 
Renseignements pris, chaque jeudi, un temps de prière et d’adoration est organisé jusqu’à 22 h à la chapelle de la Vierge. Ce jour, nous n’avons donc pas besoin de gérer la fermeture des portes ; le prêtre s’en charge. 
Après avoir aperçu Moussa en compagnie d’inconnus sur le trottoir d’en face, je descends ouvrir à Bernard et à Cécile qui sont déjà sur place. Sabine arrive un peu plus tard avec l’entrée et le dessert. 
Les choses sont désormais bien rodées, nos convives arrivent rapidement, dans l’ordre et jusqu’à 20 h 15 : Soro, Souleymane, Umberto. 
Peu après, je décide de remonter pour aller chercher Moussa, qui ne nous a toujours pas rejoint. Je le découvre devant la grille de l’église, se faisant copieusement invectiver par un individu visiblement ivre et plutôt violent dans ses propos. Je demande à Moussa d’entrer, et cet individu devient cette fois carrément menaçant et violent dans ces gestes en refermant brutalement la grille sur moi et avant que Moussa ne puisse entrer. Le ton monte rapidement entre lui et moi. J’ignore pourquoi, mais ce type refuse que Moussa nous rejoigne. Heureusement, et avant que je n’envisage de le repousser physiquement pour permettre à Moussa d’entrer, un véhicule de police fait irruption, peut être alerté par une tierce personne. 
L’ «agresseur», intimidé, se calme rapidement. J’en profite pour faire entrer Moussa, sans être totalement tranquille durant le repas ; la grille devant rester ouverte jusqu’à 22h00. J’essaye d’en savoir plus auprès de Moussa, mais sans succès. Il m’informe seulement qu’il ne connait pas cet homme. 
Il ne manque plus qu’Alain !! Je décide de l’appeler pour savoir s’il a l’intention de nous rejoindre ce soir. Celui-ci m’informe qu’il passe la soirée avec ses enfants. J’ignore pourquoi, mais ça a l’air d’irriter Souleymane qui me semble assez énervé en ce début de soirée. 
Nous passons enfin à table autour d’un excellent repas, grâce auquel le calme et la sérénité reprennent leurs droits. Une succulente soupe de carotte, suivie d’un Curry de dinde/riz trrrrrrrès épicé et mon dessert préféré : crumble aux pommes. 
Un délice !!! 

Le Silence - Décoration de l’Escalier d’honneur
de l’ancienne cour des Comptes,
Théodore Chassériau (1819-1856),
huile sur toile, 
75 x 75 cm,
Paris, musée du Louvre
Nous passons donc une bonne soirée, mais je regrette que nos amis restent très largement silencieux, mis à part Soro qui prend part à la conversation. Souleymane reste absorbé par un match de foot qu’il regarde sur son téléphone, Moussa ne dit rien, et Umberto, fort sympathique, mais assez peu bavard ce soir. 

Bernard et Umberto discutent en refaisant le monde jusqu’à 22 h 30, heure à laquelle nous éteignons les feux. 

Réveil de la troupe à 07 h, et après un bon petit déjeuner, dont l’ordinaire est amélioré par les biscuits bretons apportés par Sabine, chacun quitte les lieux. »

Compte-rendu du 64e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mercredi 7 mars, Marion, Laurence et Jean-Pierre ont accompagné Moussa, Soro, Soulymane et Umberto.


Nature morte aux légumes, vers 1820,  
James Peale (1749-1831),
huile sur toile, 67,3 x 51,4 cm, 
New-York (NY), The Metropolitan Museum of Art
« Après une arrivée égrenée entre 20 h et 20 h 25 nos accueillis retrouvent leurs habitudes. Il me faut téléphoner à Alain pour apprendre qu’il ne viendra pas. 
Nous nous régalons avec un potage aux sept légumes et des boulettes de bœuf accompagnées de semoule. La semoule et sa sauce rendent Soulymane gourmand comme Umberto le sera avec la « mousse aux chocolats ». Une tablée bien sympathique sans la voix de Moussa. 
Les tâches ménagères effectuées avec célérité, à 21 h 30 chacun s’isole dans son activité. Soulymane est à Tottenham, Soro révise ses cours de français, Moussa dort et Umberto nous offre un concert. (Il semble d’accord pour une intervention musicale lors de la messe de samedi) 
Sans nouvelles d’Arnaud qui a peut être choisi de dormir dans la rue, nous éteignons la lumière à 22 h 45. 
Ce matin un petit-déjeuner sans lait, quelques échanges sur la mentalité africaine et un départ rythmé par la cloche de notre église nous donne l’impression de faire partie d’une grande famille. 
(J’ai reprécisé l’heure du rendez-vous de 20 h que Soro ne peut assumer car il sort de cours à 20 h) »