lundi 14 janvier 2019

Compte-rendu du 8e soir d'Hiver Solidaire 2019


D'un soir à l'autre, d'un bénévole à l'autre un lien se noue avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. 
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Dimanche 13 janvier, Fofana, Johnson, Kader  & Thierry ont été accueillis par Sarah, Marie, Aubry et Soro.


«L’ange auto-stoppeur», 
Détail de l’Annonciation d’Ambrogio Lorenzetti (1280-1348), 
Huile sur bois,  127 x 120 cm, Sienne, Pinacothèque nationale

«Excellente soirée sur Hiver Solidaire! Marie est arrivée en éclaireur suivie de Thierry et Kader (en grande conversation tout en effet de manche - tels deux sénateurs romains - sur le chemin de Saint-Vincent de Paul), puis de Sarah et de Soro (quel plaisir de le retrouver en tant que bénévole!) qui a gentiment fait la sentinelle sous la bruine pour attendre Johnson et Fofana.
Marie et Sarah nous ont concocté un repas (unanimement apprécié) aussi délicat qu’équilibré : velouté de potimarron / patate douce / butternut, gratin de fusillone au poisson fumé, brocoli et champignon, salade multi-fruits (kiwi/ananas/pomme/poire/orange). Un régal ! (Les accueillis ont fait honneur au reste de salade de fruits au petit-déjeuner).
La conversation aussi est équilibrée, tout le monde prend la parole et nous découvrons les talents de chacun : Thierry, artiste/sculpteur, nous montre les photos de quelques unes de ses nombreuses œuvres (dont le loufoque «auto-auto-stop» - un pouce levé à gâchette facile) ; Johnson, couturier (dont les créations colorées et ajustées ont été particulièrement saluées par Sarah et Marie) ; Fofana, coiffeur mais chauve (car il est, vraisemblablement, très difficile de s’auto-capilo-tracter) ; Kader, au regard aiguisé sur la confection de notre table en parquet.
La vaisselle est l’affaire des trois ivoiriens. C’est l’occasion de faire le point sur leurs démarches administratives respectives. En résumé et inter alia : il est préférable de ne pas faire de demande d’asile, il faut toujours dire aux policiers que l’on est en France depuis moins de 3 mois, et se marier avec une française n’est pas une bonne idée (sauf si l’on est amoureux!).
Thierry s’est discrètement éclipsé en fin de dîner, il semblait fatigué depuis un petit moment.
Extinction des feux a 22h30 pendant que Kader finit de construire son Isba faite de matelas... (principalement pour l’isolation phonique nous expliquera-t-il au petit déjeuner).
Réveil difficile et petit-déjeuner rapide (sauf pour Johnson barbouillé mais qui emportera tout de même un reste de «merveilleux»).

Bonne semaine à tous ! »

dimanche 13 janvier 2019

Compte-rendu du 7e soir d'Hiver Solidaire 2019

D'un soir à l'autre, d'un bénévole à l'autre un lien se noue avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Samedi 12 janvier, Fofana, Johnson, Kader  & Thierry ont été accueillis par Nathalie, Yves et Damien.

Table abondante, vers 1611, Clara Peeters (née en 1594 à Anvers, Belgique),
 Huile sur toile, 55 x 73 cm, Madrid, Musée national du Prado
« Une grande leçon d’humilité pour commencer cette nuit car je n’existe plus dans le doodle de l’hiver solidaire ; Surprise, en effet ! Damien est surpris de me voir car je ne suis pas inscrit.
Les appareils électroniques ont effacé mon nom ... Je le remplacerai donc .
Deuxième leçon d’humilité Tout le monde a vu Henri à la télévision après le dramatique accident de la rue de Trévise.... Il y a donc des bénévoles célèbres... Enfin là c’est plus facile à surmonter car le moins qu’on puisse dire c ‘est que mon nom a largement empli les ondes cette semaine !!
Je ne voudrais pas faire trop de publicité à un néo agriculteur de Vendée bien connu dans nos milieux... mais il n’y a pas de doute que le potage aux fanes de radis biologiques qui introduit notre repas comble nos hôtes... Thierry qui est dans l’église depuis 19h15, Fofana qui nous rejoint un petit peu avant 20h, Kader et Johnson qui sont ponctuels.
Mais ce n’est rien à côté du sauté de gigot de veau au léger parfum de curry qu’ont concocté Roland et Agnès et qu’ils qualifient, à juste raison je dois le dire, d’excellent. Peut on trouver meilleur juge ?

Ont suivi un grand assortiment de fromage et une farandole que dis-je, une cascade de forêt noire, de Paris Brest, de crème brûlée, de tarte aux citron, etc. Montagne de gâteaux sans compter le pain et les viennoiseries qui nous arrivent de la boulangerie Denain par l’entremise de Linette qui livre ses cartons vers 19h50... Je dois à la vérité de dire que cette avalanche de pâtisserie n’enlève rien au bon goût de la compote de pommes d’Agnès, dont semble-t-il, le plus difficile fut d’éplucher les pommes ...

Vaisselle conduite par Fofana l’ivoirien à lunettes, essuyée par le sosie de Cyprien-Joseph, je veux dire l’autre ivoirien, Johnson, qui lui aussi est efficace même s’il n’a pas de lunettes. Nous avons noté le talent de Kader pour le balayage à deux balais main droite et main gauche ensembles.
Extinction des feux à 23h.
Réveil dominical à 7h40 petit déjeuner en viennoiseries surabondantes Il reste encore du pain.
Fermeture des portes à 8h45.
Je ne peux achever ce compte-rendu en oubliant l’essentiel. Me ferai-je pardonner en le signalant? Sachez que Nathalie qui est au moins depuis trois générations à Paris, une vraie parisienne, a su choisir sa meilleure moitié dans le Royaume de Belgique (une création récente de 1830), et qu’elle fait partie de la «Haute» à bien des égards .... à commencer par le haut de la rue Semard.»

samedi 12 janvier 2019

Compte-rendu du 6e soir d'Hiver Solidaire 2019



D'un soir à l'autre, d'un bénévole à l'autre un lien se noue avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. 
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Vendredi 11 janvier, Fofana, Johnson, Kader  & Thierry ont été accueillis par Laurent et François.


Nature morte au poisson,  Balthazar Gomes Figueira (1604-1674), 
Huile sur toile, 73 x 54 cm, Paris, musée du Louvre
« L’équipe était restreinte hier soir à nos quatre accueillis réguliers (Fofana, Johnson, Kader et Thierry) et à deux bénévoles. Les accueillis sont arrivés aux alentours de 20h, mais pas de nouvelles des deux autres (Abdel et Ionut).
La soirée a commencé avec un petit flottement concernant le dîner, Laurent se retrouvant seul à apporter qu’une partie du dîner.
Heureusement, Laurent avait préparé sa spécialité : un magnifique et succulent curry de poisson, pommes de terre avec riz basmati qui a fait le bonheur de tous et a rempli les estomacs. Après le fromage, Corinne a débarqué en fin de repas avec un succulent pain d’épice au miel, qu’elle finissait de cuire … pour sa famille ! Merci beaucoup à Corinne qui nous a permis d’avoir un repas complet.
Ces péripéties n’ont en rien troublé notre joyeuse équipe. Chacun nous parait avoir trouvé sa place et l’entente entre les accueillis est bonne.
La conversation a roulé sur de nombreux sujets, et chacun y a participé : l’économie mondiale et française, le concorde, la situation en Côte d’Ivoire, les habitudes alimentaires ...
Les habitudes semblent prises pour les tâches ménagères : Fofana et Johnson se spécialisent dans la vaisselle, Kader dans le balayage …
Si l’heure du coucher est bien respectée vers 22h30, le lever à  7h00 nécessite d’être bien encouragé !
Si la nuit était à peu près calme à l’intérieur, la Pointe du Grouin nous a amené son animation habituelle.
Sur les questions matérielles, il faut prévoir d’apporter du lait. Il ne reste plus qu’un litre, sachant qu’un litre est consommé chaque matin. Et la dernière plaque de beurre vient d’être entamée. Rien d’autre à signaler en dehors du papier d’Arménie qui reste nécessaire.»

vendredi 11 janvier 2019

Compte-rendu du 5e soir d'Hiver Solidaire 2019



D'un soir à l'autre, d'un bénévole à l'autre un lien se noue avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. 
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Jeudi 10 janvier, Fofana, Johnson, Kader  & Thierry ont été accueillis par Ingrid, Véronique, Emmanuel et Jean-Baptiste.


Two Candles, 1982, Gerhard RIchter (né en 1932), 
huile sur toile, 80 x 100 cm, Collection particulière
« Huit personnes présentes pour le dîner de jeudi soir : Thierry était déjà dans la chapelle de la Vierge, Kader, Johnson, et Fofana sont arrivés autour de 20 heures. Abdel n’était pas là. Jean-Baptiste l’a attendu jusqu’à 20h30 en discutant avec Damien, passé nous dire bonsoir, mais il n’est pas venu ; il était le matin aux Captifs pourtant. Dommage.
Très jolie table dressée par Ingrid, avec deux bougies, indispensables pour l’éclairage un peu faible mais surtout pour l’ambiance.
Œufs durs en entrée avec mayo ; il en restait qui ont été mangés le matin. Excellentes lasagnes ensuite préparées par Emmanuel (et un peu par Laurence si j’ai bien compris, merci à elle aussi !), un peu de fromage et un délicieux cake à la banane. Vite Ingrid, la recette! Le reste de lasagne a lui aussi été mangé le matin.
Conversation autour des habitudes alimentaires : tous apprécient le fromage mais pas trop fort. Nous avons parlé aussi de sport, Ingrid avouant qu’elle préfère pour son fils le tennis au foot, car elle redoute les accompagnements aux match le dimanche matin.
Vaisselle efficace. Kader balaie soigneusement le sol ; ballet tout à fait original avec balai et pelle en même temps.
Extinction des feux vers 22h30. Nuit calme à l’intérieur, plus bruyante à l’extérieur. Ce matin, Jean-Michel a découvert qu’un des sapins placés sur les marches devant l’église avait été cassé et jeté par dessus les grilles près de la cabane de la maison des jeunes.
Petit déjeuner, rangement puis départ un peu après huit heures.
Il reste : un peu de fromage, une plaque de beurre et deux litres de lait ; ils en boivent pas mal le matin, il faudra renouveler le stock pour dimanche je pense.
Muriel a apporté une super casserole; nous avons pu ainsi réchauffer le lait ce matin. Elle s’occupe aussi d’apporter un four à micro ondes qui sera bien utile.
Merci Muriel ! Kader a pris un arrosoir (je ne sais pas bien où) qui est très pratique pour transporter l’eau ; j’ai oublié de le remettre dans les toilettes ; j’espère qu’il ne manquera pas trop aujourd’hui....»

jeudi 10 janvier 2019

Compte-rendu du 4e soir d'Hiver Solidaire 2019

D'un soir à l'autre, d'un bénévole à l'autre un lien se noue avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mercredi 9 janvier, Fofana, Johnson, Kader  & Thierry ont été accueillis par Emmanuelle, Charles, Henri et Sylvain.


La couseuse, Jean-François Millet (1814-1875), 
Huile sur toile, 33 x 25 cm,
Barbizon, musée municipal de l’École de Barbizon
« Deux accueillis n’étaient pas présents en cette soirée du 9 janvier : Ionut (qui ne devait pas encore être présent d’après Damien) et Abdel. 
Abdel qui aurait, je crois, quelques difficultés à se repérer dans l’espace ou à bien mémoriser géographiquement Saint Vincent de Paul a été attendu jusqu’à 20h45 pour commencer notre dîner. 
Malgré messages et SMS laissés sur son téléphone portable (sa batterie était probablement en rade), Abdel ne nous a pas contacté et malgré trois sorties pour vérifier s’il n’était pas dehors à attendre qu’on lui ouvre, il a malheureusement et probablement du passer une nuit à la rue. 

Délicieux dîner préparé par Emmanuelle et Charles avec une soupe à l’oignon et un risotto avec saumon fumé, fromages et galette des rois pour le dessert.
Tour de table afin de se présenter et se découvrir mutuellement. Nos deux ivoiriens sont depuis peu en France : Johnson environ un an et Fofana cinq mois. C’est l’instabilité politique et l’insécurité en Côte d’Ivoire (destruction et vol des biens) qui a décidé Johnson à migrer en France. Johnson est couturier et voudrait bien pouvoir poursuivre ce métier en France, il a un ami à Paris qui dispose de matériel de couture et pourrait donc réaliser des travaux lorsqu’il aura des clients…
Fofana a fait plusieurs métiers mais terminé dans la coiffure…
Kader a été dans le bâtiment et Thierry a pas mal travaillé dans la construction et l’installation d’antennes pour la télévision en son temps. Tout le monde parle mais c’est surtout Thierry qui est bavard comme une pie et qui a parfois du mal à l’écoute et à se concentrer sur la conversation de groupe. Il a visiblement un profil d’ancien ingénieur mais reconnaît ne jamais avoir poursuivi ses études jusqu’au bout…..
Nous abordons nos vies professionnelles et il se dessine le désir de nombre d’entre nous de choix professionnels correspondant à nos goûts et nous permettant de conserver du sens à nos vies personnelles au détriment peut-être de la sempiternelle « course à l’échalote »….
Nous tentons de débattre sur les bienfaits de l’automobile et ses bienfaits ? Une certaine opposition semble se dessiner entre Thierry et Kader ; Fofana a de l’humour et est très souriant. Vers 23h00 fin du dîner ; tout le monde a sa part dans le nettoyage et les rangements mais la palme revient au tandem Fofana et Johnson.

La cafetière bleue, 1888, Émile Bernard (1868-1941), 
Huile sur toile, 33 x 25 cm,
Brême, gallerie artistique Kunsthalle
La nuit s’est bien déroulée ; on remarque plusieurs réveils et levers de Thierry pour boire et farfouiller dans son sac….
Kader s’est aménagé une sorte de cabane avec un toit entre deux bancs d’église pour son couchage. Thierry passe ce matin aux « Captifs » pour se doucher, trouver un peu de crème apaisante pour ses pieds qui ce matin restent gonflés malgré la nuit.

Lever 7h00. Petit déjeuner sans gros souci si ce n’est une cafetière capricieuse qui semble indiquer un problème d’entartrage (si les équipes suivantes ont une solution … ?) ; il manque aussi soit le micro-ondes qui permettrait de réchauffer le lait pour le chocolat chaud de Fofana et Johnson ou une casserole pour réchauffer le lait sur la plaque électrique…
Pierre nous a déposé du papier d’Arménie parfumé à la rose pour chasser les mauvaises odeurs. Merci !
Nous souhaitons vivement qu’Abdel soit retrouvé (via les Captifs ?) et soit présent à HS ce jeudi soir.

Intendance : pas de besoin particulier, il reste du fromage dans le réfrigérateur. Penser à sortir le beurre du frigo pendant la nuit en prévision de petit déjeuner.»

mercredi 9 janvier 2019

Compte-rendu du 3e soir d'Hiver Solidaire 2019

D'un soir à l'autre, d'un bénévole à l'autre un lien se noue avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mardi 8 janvier, Abdel, Fofana, Johnson, Kader  & Thierry ont été accueillis par Véronique, Anne-Marie, Éric et Roland.


Détail de l’Annonciation de Francesco del Cossa (1436-1477), 
Tempera sur bois de peuplier,  139 x 113,5 cm,
Dresde, Staatliche Kunstsammlungen
« 20h00 Nous voilà tous devant la porte de St Vincent de Paul. Tous ? pas tout à fait, disons 5 car Abdel nous a rejoint. Seul Ionut manque à l’appel. 
Il fait froid et 3 de nos accueillis sont déjà là depuis 18h30-19h30. Notre accueil est déjà connu dans le quartier, car nous sommes également sollicités pour ouvrir encore plus grand notre porte.  Je les invite à se rapprocher des Captifs.

Vers 20h30 chacun ayant pris sa place, nous passons à table. Le fonctionnement du four nous contraint à l’innovation : la soupe passera après le plat principal. Deux tourtes au saumon préparé par Véronique qui feront le délice de nos accueillis, et nous permettront de faire connaissance.
Si Johnson et Fofana arrivent du nord de la Cote d’Ivoire, Kader, Abdel et Thierry tournent dans notre quartier depuis que la vie les a conduit dans la rue.

La soupe et la salade de fruits préparées par Anne Marie feront office de dessert, ainsi que le reste de Galette des rois d’hier qui comportait une deuxième fève.
Les langues se délient un peu. Thierry nous parle de la vertu cicatrisante des escargots. Johnson me confie qu’il écoute sur son téléphone un pasteur évangélique, ce qui l’aide à garder le moral.

Nous passons à la vaisselle et au couchage. Thierry nous quitte le premier.
Nuit simple un peu bruyante selon Kader qui souhaitait se faire une tente dans la crypte.
Lever un peu difficile, petit déjeuner, nettoyage des sanitaires et de la salle et fermeture de la porte à 8h10. »

mardi 8 janvier 2019

Compte-rendu du 2e soir d'Hiver Solidaire 2019

D'un soir à l'autre, d'un bénévole à l'autre un lien se noue avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Lundi 7 janvier, Fofana, Johnson, Kader  & Thierry ont été accueillis par Sabine, Bruno, Yves et Pierre.

Chou-fleur du chanoine Venuti et ramolaccio, 1706, 
Bartolomeo Bimbi (1648-1730) pour la famille Médicis, 
huile sur toile, Poggio a Caiano, Toscane, Villa Medici
« Kader est à l’heure. Johnson et Fofana se font attendre vingt bonnes minutes. Thierry sera annoncé alors que le repas sera largement avancé : resté près de la gare Saint Lazare, il ne savait plus rejoindre Saint Vincent de Paul. 

Le repas commence autour du velouté de chou fleur parsemé de feuilles de coriandre préparé par Sabine et dans lequel nous retrouvons tout le savoir faire des chefs cuisiniers qui officient chaque soir à Hiver solidaire. Suit le plat de poulet à la semoule de blé de Bruno. Je n’ai pas demandé le nom de la sauce, je l’appellerai sauce rose corail. Chacun se régale et se laisse servir une seconde part. Kader, Johnson et Fofana parlent très peu. On sort un moment Johnson de son écran de téléphone et de ses écouteurs, grand attirail dans lequel il s’est plongé. Mais il en sort avec le sourire. Les cuisiniers vantent les mérites d’une organisation commerciale de mise en vente au rabais des victuailles restant invendues chez les commerçants à la fin de la journée. 
C’est là que Damien intervient par téléphone pour nous signaler que Thierry est près de la gare Saint Lazare. Pierre part à sa recherche. 

Pour ne pas rompre le rythme du repas, nous embrayons sur la galette des rois. Thierry et Pierre arrivent après le couronnement de votre serviteur qui est tombé sur la fève. Le deuxième service s’organise autour de Thierry, qui reprend deux fois du potage au chou fleur. 
Cuvettes, eau chaude et vaisselle, les accueillis ont déjà pris le rythme. 
Coucher à 11h00. Réveil à 7h00. La nuit a été bonne pour tous. 
Le petit déjeuner est pris par chacun à son rythme. Rangement et nettoyage des locaux. Nous faisons un rappel aux accueillis sur la distinction des deux sacs poubelle : l’un pour les emballages, l’autre pour les déchets. Et un autre rappel sur l’importance d’être à l’heure, à 20h00, pour commencer la soirée. Départ à 8h05. 

Kader qui a charrié quelques cuvettes d’eau suggère que l’on se dote de seaux, plus faciles à transporter dans les deux escaliers. Il faudra que leur taille convienne à la configuration du lavabo, ou bien effectuer des transvasements. 
Il faudrait une serpillière. 
En arrivant le soir, nous avons un peu tourné avant de localiser l’interrupteur de la lumière du hall : il se trouve entre les deux portes extérieures. 
La serrure de la grille extérieure est un vrai jeu de patience.»