jeudi 29 mars 2018

Compte-rendu du 85e et dernier soir d'Hiver Solidaire 2018 !

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mercredi 28 mars, Cédric, Guillaume, Jean-Baptiste  & Frédéric ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Souleymane, Umberto et Yannick.




La Cène, André Derain (1880-1954), 
Huile sur toile, 288 x 227 cm,
Chicago, The Art Institute of Chicago
« Arrivée échelonnée des accueillis(à l’exception d’Alain)jusqu’à 20 h 30 dans une ambiance exceptionnelle liée pour une part à la perspective d’une dernière soirée ensemble et d’autre part au récital de piano donné dans l’église. 

Davide puis Pierre de V. nous rejoignent quelques instants, l’un pour échanger avec Umberto sur ses projets de voyage en Espagne, l’autre pour partager des chocolats de fin d’Hiver Solidaire.
Repas préparé par Cédric et Guillaume qui participent pour la première fois à Hiver Solidaire. Leur délicieuse blanquette de veau ne résiste pas aux assauts répétés de la tablée. Repas tranquille qui prend un peu de rythme avec l’arrivée d’Alain qui nous rejoint juste à temps pour partager le gâteau au chocolat. 
Moussa se couche tôt. Umberto profite de la fin du concert et de la nef de l’église encore ouverte pour répéter les morceaux qu’il interprétera jeudi avec Laurence à l’occasion de la Célébration de la Sainte Cène (19 h). 
Extinction des feux vers 23 h. Nuit calme. Ouverture de la grille à 7 heures pour accueillir l’assistante sociale qui doit accompagner Moussa à la Préfecture de Versailles… alors qu’il y est allé seul la veille ! Ce malentendu désespère Soro…

Dernier petit déjeuner joyeux. Luxe inestimable : livraison de croissants à 7 h 30 par Anne-Laure. Les accueillis comme les bénévoles lui renouvellent leurs remerciements. 
Arrivée de l’équipe nettoyage à partir de 8 heures (merci à Corinne, Barbara, Sabine, Pierre M. et Pierre de V.). 

Bonne fin de semaine et joyeuses fêtes de Pâques ! »

mercredi 28 mars 2018

Compte-rendu du 84e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mardi 27 mars, Éric, Christophe, Alexis  & Grégoire ont accompagné Moussa, Soro, Souleymane, Umberto et Yannick.

Carte du continent africain, Alexandre Lacovlev (1887-1938),
Fusain, Hauteur 215 cm,
Paris, musée du quai Branly - Jacques Chirac
«Tous arrivent entre 20h et 20h20, sauf Alain. 
Les informations le concernant sont contradictoires. Il a prévenu Yannick de son absence, mais a aussi dit à Soro et Souleymane qu’il serait peut-être là. Un nouveau message lui est laissé, mais il ne viendra pas. 

Mathilde nous ravitaille, Corinne et Pierre passent saluer l’assemblée. Début sympa d’une soirée très agréable, as usual. Dîner excellent (salade / pâté de Pâques (spécialité berrichonne), bœuf carottes mitonné, gâteau au chocolat / crème anglaise), as usual aussi. Merci aux cuisinières et cuisiniers présents, à la belle-mère d’Éric auteure du plat mijoté - qui a voyagé depuis Angers - et à Pauline qui a confectionné le gâteau. 
On parle un peu de tout, ensemble puis en petit groupe. Notamment, système éducatif cubain et voyages avec Umberto, influence sri lankaise dans la restauration avec Yannick, rétrospective d’HS 2018 avec Souleymane, Afrique avec Soro, foot avec tous. Moussa se couche le premier. Suit Soro qui traîne un mal de tête qui s’évanouira dans la nuit. 
La soirée s’étire un peu. Yannick nous dit qu’il ne part plus dans le sud comme envisagé la semaine dernière. Il reste à Paris à priori dans une colocation dans le 12e. Umberto révise des partitions. Souleymane téléphone. Extinction des feux à 23 h 20. 
Réveil à 7 h. Échanges au petit déjeuner autour du surf au Sénégal et de la géographie de l’Europe et de l’Afrique. Départ à 8 h. On se dit au revoir. 
Reste assez de fromage pour ce soir. »

mardi 27 mars 2018

Compte-rendu du 83e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Lundi 26 mars, Véronique, Aubry, Thomas & Pierre ont accompagné 
Alain, Moussa, Soro, Soulymane, Umberto et Yannick.


Le Sacré-Cœur, 1916, Maurice Denis (1870-1943), huile sur toile, 
114 x 122 cm, Saint-Germain-en-Laye,
musée départemental Maurice Denis
« Vingt heures devant Saint-Vincent-de-Paul, il fait encore jour et la température est douce. 
Fin de l’hiver, et d’Hiver Solidaire aussi bientôt... 
Nous sommes dix autour de la table, Soro, Moussa, Souleyman, Umberto, Yannick, Alain et nous quatre Pierre, Thomas, Aubry et moi. 
Ambiance chaleureuse, discussions animées par petits groupes. Alain a vécu beaucoup de vies professionnelles ou du moins a-t-il un avis et des histoires à raconter dans des domaines très variés pendant que nous dînons de soupe, canelloni ricotta-épinards et fromage blanc-coulis de fruits rouges. 
Pas mal de bruits autour de la table, nous mettons du temps à entendre les appels de Laurence. Elle nous rejoint, sa partition à la main : l’heure musicale peut commencer. Umberto et elle répètent une partie de la Passion selon saint Matthieu de Bach et nous les écoutons, émus et recueillis. Un moment inoubliable pour moi. 
Départ à regret et sur la pointe des pieds de Thomas et Pierre, suivis d’Alain. Laurence partira un peu plus tard après une dernière repet’, à la demande d’Umberto. Impossible d’enregistrer avec mon téléphone pas si smart ; rien n’aurait su rendre le charme exceptionnel de ce ‘concert’, l’application d’Umberto, transformé. 
Extinction des feux après 23 heures. Nuit calme, départ à 8 heures sous la pluie. 
Il n’y a plus du tout de café mais assez de beurre pour une deuxième campagne Hiver Solidaire. Il faudrait un pain de mie pour le matin, la quantité de pain mangé le soir étant hautement variable. »

Compte-rendu du 82e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Dimanche 25 mars, Laurence, Sabine, Henri & Bernard ont accompagné 
Alain, Moussa, Soro, Soulymane, Umberto et Yannick.


Deux anges musiciens, 2017, Philippe de Champaigne (1602-1674), 
huile sur toile, 147 x 114 cm, Paris, musée du Louvre
« Avec un référant suppléant inexpérimenté et un tout nouveau bénévole accompagnant, la soirée promettait quelques petites surprises et anicroches. 
Cela débuta par un retard dans la récupération des clés et se poursuivit par une situation impromptue avec un invité surprise d’origine germanique qui finalement trouva une solution alternative pour la nuit (les tractations furent grandement facilitées par l’Allemand irréprochable d’Henri). 
Laurence chargée de ses marmites et autres casseroles trouva ensuite porte close et peina pour tardivement réussir à entrer dans l’église. Pour finir, des retards parfois importants de certains accueillis ont été constatés. Bref, tout ne fut pas aussi fluide qu’espéré. 
Mais grâce à Laurence et Sabine qui avaient concocté un repas largement apprécié de tous (salade au quinoa en entrée, chili sin carne en plat de résistance, fromage et salade de fruits pour finir) et à la bonne humeur générale, le dîner fut un bon moment de convivialité. Les discussions variées furent animées et l’ambiance amicale, sereine et chaleureuse. La participation peu ou prou de tous, a aussi été un vrai motif de satisfaction. 
Nous avons eu la joie d’écouter en fin de repas, Umberto au violon et Laurence au chant pour quelques portées d’un opus de Bach merveilleusement interprétées. 
Moussa est enfin arrivé à la sortie des bénévoles en charge du repas, obligeant Laurence à revenir sur ses pas pour lui agrémenter aux mieux les petits restes du dîner. 
Pendant que Soro révisait son français, que Soulymane passait ses appels et que d’autres s’éclipsaient pour la dernière cigarette de la journée, les préparatifs du coucher se sont organisés. Les lumières furent éteintes vers 22 h 30. 

Nuit calme et sans surprise, réveil à l’heure, petit déjeuner en ordre dispersé, ablutions matinales plus ou moins poussées et après les ultimes rangements, départ pour les derniers, fermeture des portes et dépôt des clés rue de Belzunce à 8 h 15. 
Nous espérons que rien de grave n’a été omis et que nos successeurs trouveront les locaux dans un état de propreté acceptable.»

samedi 24 mars 2018

Compte-rendu du 80e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Vendredi 23 mars, Juliette, Marine, Clémentine, Bertrand & Bernard ont accompagné Moussa, Soro, Umberto et Yannick.

La parabole des talents, 2017, 
Annette Gandy Fortt 
(artiste américaine née en 1944).
« Préambule :
Je passe 5 minutes chez moi avant d’aller chercher les clés de la crypte.Mon fils aîné me raconte, très enthousiaste, que Soro et Damien sont venus dans sa classe l’après-midi pour raconter l’odyssée de Soro à travers désert, mer, montagne et autres «aventures» plus ou moins dramatiques, ponctuée d’une belle rencontre en Libye. Ses frère et sœurs sont admiratifs devant tant de détermination. Puisqu’il s’agit visiblement d’un héros, la petite me demande : «mais alors, Zorro existe vraiment ?».
À notre arrivée nous retrouvons les sourires habituels. Les échanges tournent autour de la marine (Yannick raconte ses souvenirs d’enfance près de la caserne), des attentats, de la musique, et ce n’est que le lendemain au petit déjeuner que nous aborderons le sujet football. À part Moussa, Yannick, Soro et Umberto participent aux échanges.
Nous reparlons aussi avec Soro de son expérience face aux enfants l’après-midi dont il a l’air très content. Il leur a expliqué qu’ils avaient beaucoup de chances d’aller à l’école. Il rit lorsque je lui rappelle qu’un des enfants a répondu qu’au contraire il avait de la chance de ne pas avoir d’école dans son village. Puis, assez grave, il répète à plusieurs reprises «j’ai mal de ne pas être allé à l’école».
À la fin du repas nous allons assister dans l’église avec Umberto à la deuxième partie d’un magnifique concert dont les notes lointaines avaient déjà égayé notre début de repas.
Les convives se régalent en mangeant la soupe, les boulettes de poulet au riz et à la tomate et ... le délicieux riz au lait qui ravira Umberto au dîner et petit déjeuner. 

Dernier témoignage qu’on m’a proposé de raconter dans ce compte-rendu : il y a une semaine, une trentaine de servants et servantes ont passé un moment dans la crypte pour la remise des cordons. L’évangile était la parabole des talents. Le père Derek a improvisé en prenant le violon d’Umberto qui se trouvait derrière lui pour donner un exemple de personne qui avait un talent et leur demander de réfléchir à leurs propres talents. Puis les échanges ont «dérivé» sur Hiver solidaire et les enfants ont multiplié les questions et propositions d’aider («y-a-t-il une liste de choses qu’on peut leur donner en les rapportant de chez nous»?). Nous avons dû leur expliquer qu’ils ne pouvaient pas aller dans le quartier et proposer à toutes les personnes qui en avaient besoin de venir dormir à Hiver Solidaire mais ils pouvaient en revanche parler avec eux et leur sourire. Ils sont donc repartis déterminés à apporter leur petite contribution à cette aventure qui semble porteuse de tant de fruits dans la paroisse et le quartier ! »

vendredi 23 mars 2018

Compte-rendu du 79e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Jeudi 22 mars, Charlotte, Natacha, Henri & Arnaud ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Umberto et Yannick.


La Manifestation, 1893, Félix Vallotton (1865-1925), Estampe,
Paris, Bibliothèque nationale de France (BnF)
« Tout le monde est à l’heure au rendez-vous. 

Au menu du dîner : Soupe de courgettes et kiri, lasagnes légumes-poulet-fromage, fromages et salade de fraises et menthe / citron. 
Tous les convives ont trouvé une fois encore le repas délicieux et se sont régalés. 
Ambiance gaie, conviviale et détendue, conversations diverses par petits groupes : succès de la grève ? Importance des manifestations ? Constats de traces de dérapages violents... 
L’égalité hommes/femmes & le congé paternité.....Après la corvée de vaisselle, Umberto nous a fait le cadeau de plusieurs morceaux connus au violon : Piaf, Ave Maria etc. Un régal, quel talent ! 
Tout le monde est en forme et discute jusqu’à 23 h 30. 
Nuit sans problèmes à partir d’une extinction des feux vers 23 h.
Réveil à 7 h, sauf Moussa qui avait besoin de partir avant 7 h ; petit déjeuner, ménage et fermeture à 8 h. 

Provisions : on note la fin de la plaquette de beurre et la fin des fromages blancs, il reste encore du fromage ...»

Compte-rendu du 78e soir

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies dans le cadre d'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mercredi 21 mars, Laurence, Brigitte, Corinne & Arnaud, ainsi que Patrick, Izabella, Rebecca, Steve, Damien et Myriam, ont accompagné Alain, Moussa, Soro, Umberto et Yannick.

LA photo
« Soirée festive autour de l’exceptionnel repas composé d’une soupe verte et fraîche selon la recette secrète de Laurence, du fameux et réjouissant Attieke ivoirien (prononcer Attssiéké en appuyant sur le tss) préparé par Izabella : semoule de manioc, poulet grillé, sauce parfumée, sauce pimentée au piri-piri — un régal ! — pour terminer avec le fabuleux flan coco au caramel et gâteau au chocolat de Brigitte. 
Il n’en est pas resté une miette. Les quinze convives ont en outre partagé une conversation aussi joyeuse qu’animée. 
Après la photo de groupe expertement dirigée par Myriam, Umberto nous a régalés de quelques morceaux de violon, toujours aussi émouvants, et une chose entraînant l’autre, c’est un peu avant minuit que nous avons éteint les feux. 
Nuit calme, petit déjeuner opulent lui-aussi pour rester dans le ton avec baguette fraîche et croissants du boulanger. 
Il fait grand jour quand nous partons. »